force interne, force externe (1/2)
Voici un autre article de Zhang Yun sur le jin dans le taiji quan. Il formalise clairement le concept de jin. Je le trouve interessant même si parfois il y a de la redite. Je place (sans doute à tord) cela sur la manière chinoise de s'exprimer.
Je l'ai traduit assez rapidement. Il y a des termes dont je ne suis pas sur pour la traduction. Mais comme je ne suis pas perfectionniste je vous le donne tel qu'il est en considérant que c'est mieux que rien.
C'est un article qui est paru dans Tai chi magazine vol 30 N°2 (avril 2006) et N°3 (juin 2006). Comme il est très long, je l'ai découpé en deux parties car overblog limite en taille les articles. Vous pouvez le lire dans sa version anglaise ici.
LE JIN DANS LE TAIJI QUAN par Zhang Yun
Jusqu'à très récemment dans l'histoire de l'humanité, la plupart de la puissance physique que nous utilisons tous les jours provient de notre propre corps. Les arts martiaux de cet âge préindustriel, que nous appelons aujourd'hui arts martiaux traditionnels, étaient à un niveau des plus fondamental pour un art qui utilise les forces physiques du corps : comment produire les différents types de force dans les quantités demandées, de la manière la plus efficace possible pour que le corps de l'adversaire ait des problèmes, comment empêcher l'adversaire de faire de même contre soi, etc... Aujourd'hui cette masse de connaissance survie dans les arts martiaux traditionnels chinois. Parmi ces styles, du point de vue utilisation de ces forces lors de l'entrainement et d'un combat, le Taiji Quan offre une réflexion des plus formelles, un vaste corpus de principes et de méthodes d'entrainement des plus détaillés et des plus cohérents.
Imposant par son développement à travers le monde et sa richesse, le Taiji Quan, aujourd'hui, n'est cependant qu'un art qui n'est plus utilisé pour sa raison première. Pour la majorité des pratiquants, le cœur de l'entrainement a dérivé du combat vers la santé. Cependant, si on occulte totalement les aspects martiaux de cet art, on ne risque pas seulement de perdre une partie du savoir, mais de ne pas comprendre l'essence même du Taiji Quan. Faire du Taiji Quan signifie s'entraîner et comprendre ce qu'il est : un art martial. Sinon on ne fait pas vraiment du Taiji. Et si on ne fait vraiment du Taiji, alors on ne peut même pas récolter tous les bénéfices de cette pratique. Par exemple, si on ne s'exerce pas aux poussées de mains, alors on ne pourra pas tirer d'importantes leçons pour exécuter la forme.
Pour vraiment maîtriser le Taiji Quan, en dehors d'avoir une bonne vision de ce qu'est le Taiji Quan, de ce qu'est l'objectif final et de l'entraînement à suivre pour atteindre cet objectif, on a besoin comprendre entièrement et dans les moindres détails ses principes et ses théories. Ici on propose une introduction basique aux théories du Taiji Quan sur le jin, un des importants fondamentaux du Taiji Quan
1. Le li et le Jin
Les arts martiaux, comme beaucoup d'autres types de savoir, ont mis beaucoup de temps pour se développer. Au début, aucun principe ou concept n'existaient. Iln'y avait que des techniques de mains issues de l'expérience. A un moment, ces expériences se sont accumulées à tel point qu'il a été possible de les synthétiser comme théories générales ou comme principes. on a pu alors les tester. Et s'il s'avérait que c'était bien alors on pouvait les utiliser pour améliorer sa pratique. Une meilleure pratique conduit, à son tour, à une meilleure compréhension des principes sous-jacents, et ainsi de suite...
Il est tout naturel qu'au début, ces concepts soient indifférenciés, simples et grossiers et qu'ils deviennent plus clairs et plus raffinés à travers le temps. Concernant la compréhension de la force, la première principale distinction qui a été faite dans les arts martiaux chinois est entre celle entre le li et le jin.
Dans l'usage de tous les jours, ces deux mots signifient force physique et on peut employer l'un ou l'autre. Souvent, on utilise jin pour denoter une très grande force. Pour les arts martiaux, ce sont des termes techniques avec des définitions plus précises. Li est une simple force musculaire qu'on appelle « force non entrainée », « force naturelle » ou « force instinctive », car aucun entrainement préalable n'est nécessaire pour son emploi. Quand on contracte nos muscles d'une manière simple et naturelle, quand on fait des choses comme plier son bras pour amener une fourchette à la bouche, ou tendre le bras pour fermer un tiroir, on utilise le li.
Le li est simple, ses principales caractéristiques sont quantitatives : quelle grosseur et quelle rapidité.
Si le li est le matériau brut et basique alors le jin est un produit sophistiqué et fini. C'est le li qui a été transformé par la pratique, quelque chose qui produit les résultats désirés avec plus d'efficience et d'efficacité.
Par exemple : deux jumeaux identiques, même taille, même composition musculaire - même niveau en li. Un est golfeur professionnel, l'autre n'a jamais fait de golf. En allant faire du golf pour la première fois, le jumeau qui n'est pas entrainé et qui n'a aucune connaissance de ce sport, ne peut seulement utiliser que ce qu'il a à sa naissance, à savoir le li. Si son premier drive ne va pas aussi loin qu'il espérait, son instinct naturel l'amènera à utiliser plus de li, à savoir swinguer plus fort avec plus de vitesse. Son frère qui est entrainé utilise quelque chose de bien plus puissant et sophistiqué. Il a le jin et l'utilise avec un meilleur résultat. Il est capable de driver la balle bien plus loin, de placer la balle sur le fairway avec beaucoup plus de précision et souvent avec moins d'effort.
Le jin est complexe. Ses qualités ne sont pas juste quantitatives mais qualitatives.
Le li est un produit de la nature, le jin un produit de la nourriture. Tout le monde est né avec la capacité à générer et à utiliser du li. Personne n'a du jin jusqu'à ce qu'il ait nécessairement subi un entrainement. Comme on l'a vu dans l'exemple précédent, quand on commence une activité nouvelle qui nous semble non familière, la simple force musculaire est ce que nous pouvons utiliser car nous ne connaissons rien d'autre. Cette force tend à être maladroite et inefficace. Pour cette raison dans les arts martiaux on appelle aussi le li, zhuo li , la force maladroite, non entrainée. Zhuo signifie boueux, l'opposé de clairement distingué, propre, poli, raffiné, des caractéristiques que nous associons communément avec le jin. Lorsqu'on devient entrainé ce li est transformé petit à petit en jin, quelque chose de plus efficient et efficace. Pour cette raison le jin est appelé la « force entrainée »
Transformer le li primitif en un jin sophistiqué, raffiné est un des principaux objectifs de la pratique de tout art martial sophistiqué.
En réalité, on peut juger de la sophistication d'un art martial par la manière dont il aborde le li et le jin. Dans les styles moins développés, la conception de la force tend à être très simple et très brute avec peu ou pas de distinction entre le li et le jin. Puisque le jin est plus puissant que le li, ils considèrent juste que le jin est une force beaucoup plus grande qui est développée par la pratique, et que c'est la principale raison pour laquelle le jin est meilleure que le li.
Quand on essaye de faire quelque chose et qu'on échoue parce qu'on rencontre de la résistance, notre instinct nous dicte de réessayer avec une plus grande force. C'est dans la nature humaine. Les arts martiaux ne dérogent pas à cette règle, et pas seulement sur l'entrainement de la force mais aussi pour ses stratégies et ses tactiques dans leurs globalités. On peut facilement les comprendre et les jauger. Dans ce cas, ils croient que la voie qui mène à l'invincibilité est simple et qu'elle passe par la recherche de la puissance et de la vitesse maximum. Cela conduit au fait que pour le combat ils ne peuvent faire et utiliser le jin que dans une manière très simple.
Mais pour les styles matures, la distinction entre le li et le jin devient de plus en plus claire et plus raffinée. on commence à apprécier pleinement ce qu'on peut accomplir avec le jin. Il faut noter que même si les muscles sont concernés dans les deux cas, le li et le jin fonctionnent de manières différentes, et par conséquent différentes méthodes d'entraînement sont nécessaires. Ainsi, l'entrainement de la force changes. Il devient bien plus complexe. Maintenant l'objectif n'est rien moins que le développement complet du jin sous toutes ses formes quantitativement et qualitativement.
Les aspects qualitatifs du jin peuvent être très subtils et difficiles à observer de l'extérieur. Quand il est combiné avec des principes de haut niveau on peut utiliser le jin afin de faire des choses comme utiliser une petite force pour défaire une force beaucoup plus grande. Aujourd'hui ces types de choses nous paraissent incroyables car dans la vie moderne et sédentaire, la plupart d'entre nous ne sont familiers qu'avec le li, et on sait très peu de choses sur le jin. Aujourd'hui, les arts martiaux d'un haut niveau sont comme les grandes œuvres de l'art moderne : pour l'œil non entrainé cela parait étrange, non naturel, non intuitif et même faux.
2. le Wai Jin et le Nei Jin
Dans les 400 dernières années on a vu la montée d'un nouveau type d'art martiaux. Plus efficace que jamais, leur vraie signification est qu'il représente un pas de géant vers plus d'efficacité. Ceci a été rendu possible par le deuxième développement majeur de la théorie de la force dans les arts martiaux. A ce moment, on avait assez de connaissances sur le jin pour pouvoir faire la distinction entre deux types de jin : le wai jin (le jin externe) et le nei jin (le jin interne). Les nouvelles connaissances issues de la recherche sur le jin interne ont donné naissance aux arts martiaux internes. Ils sont composés du Xingyi Quan, du Taiji Quan et du Bagua Zhang.
Pour être appelé un art interne cela ne signifie pas qu'on utilise uniquement du nei jin. Aucun art martial ne peut être complet sans l'usage du wai jin. Ainsi les arts martiaux internes signifient juste que l'accent lors de l'entraînement et du combat est mis sur le nei jin, avec le wai jin qui joue le rôle de suppléant. Contrairement aux arts martiaux externes qui utilisent la plupart du temps le wai jin et très peu le nei jin.
Ainsi qu'est ce que exactement le wai jin et le nei jin ? Et pourquoi ls arts martiaux internes favorisent ils l'emploi du nei jin ? Pour répondre à cette question, nous devons d'abord voir ce qu'ils sont et comment ils sont liés à la philosophie centrale de l'art martial interne. Comme le taiji Quan est celui qui est le plus cartésien et qui rentre plus dans le détail dans ces distinctions, nous l'utiliserons pour illustrer ces concepts.
2.1. définition
Wai signifie dehors ou externe. ¨être dehors c'est être visible. Ainsi wai jin signifie un type de jin dont chaque aspect peut être compris rien qu'en le regardant lorsqu'il est utilisé. Comment cette force est stockée et relachée. Quel est sa vitesse son angle sa direction etc...Nous utilisons le wai jin pour faire par exemple un coup de poing rapide et puissant.
Par définition wai est yang. Yang dans le Taiji n'est pas du pur yang il comprend un petit peu de yin. On appelle cela gang zhong rou - le dur contenant le doux. Les avantages du wai jin sont qu'il est rapide, dur, soudain et puissant. Quand on le sort, la sensation est celle d'une explosion ou d'une éruption, impossible à arrêter, capable de détruire toutes choses sur son chemin. Il peut être utilisé pour sérieusement blesser ou pour tuer l'adversaire.
Le désavantage du wai jin est : que généralement les mouvements sont amples, et étant donné sa nature externe, il est facile à détecter et à contrer. La durée de cette force tend à être courte. Et une fois sorti vous ne pouvez pas facilement changer sa trajectoire ou tout autre élément de cette force. Au final, son stockage et sa sortie sont ici des processus complètement séparés.
Les points clés pour l'utilisation du wai jin sont rapidité, puissance et précision. L'entraînement au wai jin est une question de maximisation de son potentiel. Quelques maîtres d'arts martiaux internes peuvent avoir une puissance incroyable. Il n'est question que d'absolu. On en veut avoir le plus possible par la pratique.
Les types classiques de wai jin utilisés dans le Taiji Quan sont : duan jin - la force cassante, chuang jin - la force de percussion, cun jin - la force sans recul, leng jin - la force froide, dou jiin, la force secouante et chong jin la force d'enfoncement etc...
Nei veut dire intérieur ou interne. Être interne signifie que c'est quelque chose qui ne peut être vu, seulement ressenti. Un exemple de nei jin est nian jin en Taiji Quan. Quand on est parfaitement collé à l'adversaire sans aucun effort ou sans perte de connexion avec lui. Il n'y a presque pas de mouvement physique au point de contact. Pourtant, à l'intérieur notre force produit son effet. Le mouvement externe est si infinitésimal et si subtil que cela échappe à l'œil.
Par définition nei jin est yin. Yin en Taiji n'est pas un pur yin, il contient un petit peu de yang. On dit que rou zhong gang : le doux contient le dur. L'avantage du nei jin est que c'est petit, durable, changeant et qu'il combine les processus de stockage et de libération de la force. Petit signifie que les mouvements requis sont en général très petits, quelque chose qui n'est même pas visible de l'extérieur. Durable veut dire que lorsque la force est libérée, les effets peuvent continuer durant un temps relativement long. Changeant veut dire que sa quantité et sa direction peuvent changer lors de sa sortie. Le processus pour le stockage et la libération sont les mêmes sans qu'il y ait de séparation claire ou des points de rupture entre eux. La combinaison de ces caractéristiques fait qu'il est facile pour nous de cacher nos véritables intentions. Avec le nei jin, faire des estimations précises sur sa quantité, sa direction, son angle, sa direction etc... est très difficile. Se prémunir de cette force est plus difficile.
Le principal désavantage du nei jin est que bien qu'il soit aisé de fair bouger les gens facilement, il n'est pas suffisamment puissant pour être vraiment destructeur.
Les points clé pour l'emploi du nei jin sont l'évolutivité, la subtilité et la dissimulation. S'entraîner au nei jin concerne plus le relatif que l'absolu. C'est plus une histoire de qualité que de savoir comment contrôler et utiliser sa force. La plupart des techniques d'un Taiji Quan de haut niveau proviennent de ce type d'entrainement.
Les types de nei jin utilisés dans le Taiji Quan sont : Chang jin - la force durable, chen jin - la force d'enracinement, zhan jin, la force adhérente, nian jin, la force collante, lian jin, la force de connexion et sui jin la force suiveuse etc...
2.2. l'approche du Taiji Quan pour le combat avec le nei jin et le wai jin
Comme nous l'avons vu les caractéristiques du nei jin et du wai jin sont, pour le combat, complémentaires l'une de l'autre. C'est ainsi une erreur d'ignorer une des deux force pour le combat. Chaque type de jin a ses propres caractéristiques, avantages et désavantages. Durant l'entraînement on doit s'efforcer de tous les comprendre en détail afin qu'on puisse s'en servir de façon appropriée pour le combat, comme le dictent les principes du Taiji Quan.
Mais quels sont les principes du Taiji Quan et en quoi sont ils différents des arts martiaux externes?
La manière dont on se bat (la tactique) est toujours subordonnée par ce dont on dispose pour combattre (les armes). Avant l'avènement des arts martiaux internes, avant qu'on ne connaisse beaucoup de choses sur le nei jin, notre arme principale était le wai jin. Comme nous l'avons vu plus haut, la principale caractéristique du wai jin tend à être quantitatif. Et cela a un impact sur la manière dont les gens combattent.
Les autres facteurs principaux qui influencent la tactique est la nature humaine et le niveau de compréhension. L'habileté dans les arts martiaux, que cela soit en attaque ou en défense, est toujours conçue avec, à l'esprit, une éventuelle réponse de l'adversaire. Que fait-on instinctivement lorsqu'une force arrive (combattre ou partir)? Dans l'ancien canevas, on essayait basiquement d'éviter que la force atteigne notre corps en lui opposant directement une force plus grande ou identique.
En mettant tout cela ensemble, on arrive à la conclusion logique que si je m'entraîne à être plus fort alors on aura des difficultés à se défendre contre mes attaques. Cette façon de penser suivent nos instincts naturels. C'est à quoi conduit le développement du wai jin poussé à l'extrême. Mais, en combattant de cette façon, le plus grand et le plus fort tend à gagner plutôt facilement. Bien que des techniques peuvent faire la différence, toutes les techniques sont basées sur ce principe.
A la fin de la dynastie des Ming et au début de celle des Qing, on a commencé à s'affranchir de cette approche purement quantitative. On a commencé à regarder les autres caractéristiques de la force comme le timing, l'angle et la direction. C'est une approche plus sophistiquée et plus globale qui tient aussi en compte tous les aspects qualitatifs de la force. Le souci de la gagne est toujours là mais l'accent de la recherche à été reporté du résultat à l'efficacité. Comment peut-on gagner avec moins d'effort ?
La philosophie taoïste traditionnelle dit que le souple peut vaincre le dur. Appliqué aux arts martiaux, cela signifie qu'on ne doit pas essayer de résister directement contre une force entrante avec une force égale ou plus grande. Et au lieu d'encaisser toute la force on essaye d'emprunter la force de l'adversaire pour l'utiliser contre lui etc...
Au Taiji Quan on veut toujours avoir le maximum de résultat avec le minimum d'effort. Transposé aux tactiques cela veut dire qu'on n'utilise pas le wai jin juste pour attaquer directement l'adversaire. On le fait après avoir détruit son équilibre et l'avoir mis sous notre contrôle. C'est un processus très complexe impliquant beaucoup de changements. A ce stade pour le combat, le nei jin est le meilleur choix. Une fois qu'on a le contrôle on a besoin d'une force finale. Pour cela le wai jin est le meilleur choix.
2.3. Les idées préconçues classiques
2.3.1. Le li est la force externe, le jin est la force interne :
Beaucoup de gens confondent le li et le wai jin. Le raisonnement que dans un art martial externe, on ne s'entraîne pas au jin n'est pas vrai. Tous les arts martiaux sont basés sur l'emploi du jin. Pour les arts martiaux externes on utilise la plupart du temps le wai jin. Quelque uns croient que le jin est uniquement une caractéristique des arts martiaux internes. Dans les arts martiaux internes on utilise beaucoup le terme de jin car on recherche et on fait la distinction entre les différents types de jin dans les moindres détails. Si on ne faisait pas ce type de distinctions, alors on n'a pas besoin d'employer ce terme : C'est juste une nécessité.
2.3.2. Confondre le wai jin et le nei jin : il faut être prudent quand d'autres groupes parle de nei jin
En prenant toute l'histoire, on voit que l'art martial interne est un phénomène assez récent. Cette distinction entre le wai jin et le nei jin est seulement claire dans peu de styles. Ainsi dans la plupart des groupes, quand on mentionne jin ou nei jin, on veut habituellement vraiment dire wai jin. Pour eux, ce n'est pas un gros problème : s'ils ne font pas de distinction claire c'est que vraisemblablement le nei jin ne tient pas un grand rôle dans leur travail. Cependant si on confond les deux dans notre pratique du Taiji Quan, on ne pourra jamais avoir le véritable savoir faire du Taiji Quan. On pourra peut être se battre mais on emploiera le wai jin avec les principes qui vont avec. On peut peut-être gagner, mais on n'aura pas utilisé le Taiji Quan dans toute son efficacité.
Soyez prudent. Pratiquer un art martial interne signifie focaliser l'entraînement sur l'apprentissage de l'emploi des différents types de nei jin.
Les nei jin sont beaucoup plus complexes et difficiles à comprendre et à faire que le wai jin. Se relâcher et suivre quand on est confronté à un grande force n'est pas quelque de chose de naturel. Mais c'est ainsi que le Taiji Quan doit être. C'est une des idées centrales. Sans cela on n'utilise pas le vrai Taiji Quan. C'est une chose importante et c'est ce qui doit être enseigné en premier.
L'autre raison pour apprendre le nei jin en premier c'est que c'est d'un plus haut niveau que le wai jin. L'idée est que si on maitrise le nei jin alors on peut maîtriser le wai jin plus facilement. Mais si on consacre la plupart de son entrainement au wai jin et qu'on ignore le nei jin on ne saisira jamais le nei jin et par conséquent les arts martiaux internes.
Les wai jin par comparaison sont relativement plus faciles à comprendre et à faire car ils sont plus proches de notre capacité naturelle. La plupart des gens peuvent les comprendre très vite. La différence de niveau entre eux provient de la manière dont on les exécute, de la quantité de force qu'on produise et la rapidité à laquelle on le fait.
2.3.3. confondre le wai jin et le nei jin : soyez prudent quand les pratiquants de Taiji Quan parlent du nei jin
Puisque le Taiji Quan est un art martial interne, quand on parle de jin dans la pratique du Taiji Quan on se réfère habituellement au nei jin. Cela peut être la cause de beaucoup de confusions, conduisant les gens à croire qu'ils s'entrainent/emploient le nei jin quand en réalité ils emploient du wai jin. Rappelez-vous que tout les jin utilisés dans les arts martiaux internes ne sont pas du nei jin.
Dans les premières traces sur les principes du Taiji Quan quelques personnes utilisaient même le terme de li au lieu du jin. Car les termes n'étaient pas formalisés à ce moment là. Ainsi même maintenant, quelques personnes continuent à parler de cette manière dans leurs enseignements oraux. En réalité, cela amène beaucoup de confusion.
comme l'article est long vous avez le droit d'un intermède qui illustre le propos