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Dragounet, qui es tu?

5 Janvier 2009 , Rédigé par haze Publié dans #culture



Je ressort une synthèse sur le dragon que j'avais faite à partir de plusieurs sources.

Le dragon de la mythologie chinoise, être plein de force et de sagacité, vit dans les cavernes de montagnes inaccessibles ou dans les profondeurs insondables de la mer, et quand il se déploie c'est sous la forme de nues et d'ouragans; ses griffes sont les branches de l'éclair, ses écailles sont les éclats de l'écorce des pins trempés par la pluie, sa voix est le hurlement de l'ouragan qui accélère l'arrivée du printemps... Tels sont certains des attributs courants de cet animal surnaturel. Mais les Chinois ont de tout temps distingué plusieurs variétés de dragons. Selon un ouvrage compilé sous l'ère Kangxi (dyn. Qing) qui regroupe plusieurs classifications, le Yuanjian leitu 淵鑒類函, il existait quatre sortes de dragons:
- le tien long 天龍, le plus puissant de tous, habitant les cieux
- le ti long 地龍, dépourvu de cornes et habitant l'océan;
- le shen long 神龍 qui contrôle le vent et la pluie
- le fu long 伏龍, qui a une carapace d'écailles et habite marais ou grottes de montagne

physiologie du dragon


Le dragon est représenté de différentes manières dans la culture chinoise. Il peut avoir 5 couleurs différentes, être avec ou sans cornes, avec ou sans pattes, avec ou sans ailes, et parfois avoir deux têtes, ou deux corps pour une seule tête. L'une des représentations les plus courantes du dragon est celle d'une créature fantastique dotée des attributs de neuf animaux. (tête de chameau, cornes de cerf ou d’antilope, yeux de lapin, oreilles de vache, cou de serpent, ventre de grenouille, écailles de carpe, griffes de faucon, paumes de tigre); Il a des moustaches et une barbe, ainsi qu'une perle brillante sous le menton; il est dépourvu d'ouïe. Son souffle sort de sa bouche comme un nuage, qui se change parfois en eau et parfois en feu; sa voix évoque le tintamarre de plats de cuivre entrechoqués.

Les écailles de carpe qui couvrent son corps sont au nombre de 117. 81 d’entre elles sont imprégnées de Yang, les 36 autres de Yin.

La symbolique du dragon

Le dragon est un animal mythique profondément ancré dans la culture chinoise. Sa trace se perd dans l'histoire de la Chine. On en trouve la représentation dans les plus anciennes sépultures, sur les plus anciens bronzes, sa présence est attestée dans les premiers systèmes de calendrier agraire connus (où le dragon est l'une des constellations centrales), et son nom apparaît dans la plupart des textes anciens. Pour les Chinois, il est à la fois considéré comme un ancêtre légendaire dont ils seraient les descendants, et à la fois comme un esprit bienveillant et vertueux. Mais par sa nature mystérieuse, le dragon s'est très tôt mêlé aux concepts les plus fondamentaux de la culture chinoise, au point d'être omniprésent dans toutes les couches de la culture chinoise, de la culture populaire (dans les légendes) à la culture du pouvoir (signe du pouvoir céleste des empereurs), aux religions et aux systèmes philosophiques de la pensée chinoises (le yin/yang, la triade Ciel-Homme-Terre du Yi-king, etc.). Il est tantôt représenté seul, tantôt couplé avec un tigre (autre symbole de puissance) ou un phénix (symbole de paix et de vertu).

Le dragon a été adopté comme animal fabuleux tant par les bouddhistes que par les taoïstes, et les légendes à son sujet abondent; il jouait un rôle prépondérant dans les superstitions populaires et, jusqu'à une date récente, bien des histoires couraient sur ses repaires secrets, ses apparitions terrifiantes; quant à l'iconographie relative aux dragons, on la trouvait aussi bien dans l'imagerie populaire que dans les temples, demeures, motifs décoratifs, etc.

Quant à la "Perle brillante", cet objet rond et rouge qui semble être l'apanage du dragon, il a été décrit comme étant le soleil, la lune, le symbole du tonnerre, l'emblème de tous les pouvoirs, ou la "perle brillant la nuit", sorte de rubis magique, qui devint très tôt emblème symbolique dans l'imagerie impériale chinoise.

Les pattes du dragon sont munies d'un nombre déterminé de griffes. Ce nombre, de 3 à 5, est un indicateur du "rang" que le dragon occupe chez ses semblables. En effet, le dragon à 5 griffes est considéré comme le plus puissant. Seul l'Empereur de Chine pouvait utiliser cet emblème, ainsi que sa famille. C'est pourquoi depuis le règne de l'empereur Gaozu des Han 漢高祖 (206 avant notre ère), le dragon à cinq griffes fût l'emblème du pouvoir impérial, et son image décora les robes de cérémonie, les objets impériaux (les princes de quatrième et cinquième rang n'avaient droit qu'à une image de dragon à quatre griffes); et le Fils du Ciel lui même est couramment appelé le Dragon.

Dans le symbole du Tai Ji en forme de deux virgules, la ligne composé de deux demi cercles qui sépare la partie Yin du Yang est appelé dragon

Le dragon dans le Yi king

L’essence du dragon est le yang naissant et croissant. Il a ainsi une place particulière dans le Yi King. L’hexagramme N°1, Elan Créatif (Qian) est fortement lié au dragon. Cet hexagramme est composé de 6 traits yang (traits continus). Pour chaque yang "mutant" est associé le texte suivant :
Trait 1 : Dragon tapi dans l’onde. Ne pas agir
Trait 2 : Dragon visible dans le champ. Profitable d’aller voir quelqu’un d’envergure
Trait 3 : Le chef Accompli jusqu’à la fin du jour est fermement ferme. Au soir il est encore tout vigilant. Danger. Absence de faute
Trait 4 : Envol possible dans le gouffre. Absence de faute.
Trait 5 : Dragon volant dans le ciel. Profitable d’aller voir quelqu’un d’envergure
Trait 6 : Dragon hautain. Il y a des regrets.

L'hexagramme Qian incarne en fait la triade Ciel-Terre-Homme, chère à la pensée chinoise. Pour les exégètes confucéens, l'association de cet hexagramme avec le dragon est justifiée par le fait que le dragon traverse ces trois niveaux et aide à la réalisation de cette triade; il sait passer librement de la terre (le monde souterrain ou aquatique) à l'homme, et de l'homme et au ciel.

Emblèmes de la puissance bienfaisante de l’élan vital, les dragons deviennent tout naturellement une image de puissance productive du Yang. Animal aquatique, le dragon crache l’eau féconde. L’hivers, immobile au fond des rivières il s’emplit d’eau ; au printemps, il se réveille dans le fracas des orages et s’élance vers le ciel. En été, il vole au plus haut du ciel d’où il répand sous forme de pluie féconde l’eau accumulée durant la saison Yin et quand arrive l’automne, il redescend vers l’eau sombre pour y restaurer sa puissance durant son sommeil hivernal. On suit tout au long de cet hexagramme les traces de ce cycle du dragon, nommé aux lignes 1,2, 5 et 6 et évoqué à la ligne 4

Dragon et arts martiaux

Dans le monde des arts martiaux, le tigre et le dragon, deux symboles de puissance, sont intimement associés. Il existe une forme de boxe qu'on appelle longquan 龍拳 (ou parfois longxing 龍形), mais ces expressions peuvent désigner tantôt un style à part entière, tantôt juste une forme équivalente à un taolu (ou quyen en vietnamien). Le style de ce nom est une forme traditionnelle de Shaolin, dont l'origine est attribuée à un bonze chinois (du nom de Maître Qiuyue 秋月禪師, qui signifie "lune d'automne"). C'est l'un des 5 grands styles animaliers de Shaolin, avec le tigre, le léopard, le serpent et la grue. Il y a encore un style de Shaolin assez célèbre du nom de longhuquan 龍虎拳 (boxe du dragon et du tigre). Mais les références au dragon dans les arts martiaux chinois sont extrêmement fréquentes. Il est courant que des mouvements aient pour nom une image évoquant la puissance du dragon. Celui ci peut, par exemple, sortir de l'eau ou prendre son envol, comme le mouvement qing long chu shui 青龍出水 ("le dragon vert sort de l'eau"), un mouvement du Chenshi Taiji, mais ce nom existe également dans d'autres styles, comme tongbei quan 通背拳, pigua quan 披挂拳, etc. (il désigne alors un autre mouvement). Dans les romans d'arts martiaux on trouve encore des expressions comme kuang long fei tian 狂龍飛天 ("le dragon furieux s'envole dans les airs"), qui ne désigne pas un mouvement (l'expression est souvent utilisée pour décrire la vitalité et l'aisance des mouvements d'un pratiquant).

Les hanses des fameux chaudrons (ou trépieds) de Shaolin étaient l'une ornée d'un tigre et l'autre d'un dragon Cette alliance est extrêmement ancienne puisque dans une tombe vieille de 6000 ans, trouvée à Puyang 濮陽 (dans le Henan actuel, la province où se situe le Monastère de Shaolin), a été exhumée une sépulture dans laquelle étaient disposées de chaque côté du défunt des coquilles de palourdes disposées en forme de tigre et de dragon. Le tigre et le dragon sont par ailleurs des symboles taoïstes puissants (ils sont en fait l'une des manifestation du yin/yang - le dragon est yin, le tigre yang), et peuvent dans l'alchimie interne avoir des sens multiples: les méridiens (ren mai 任脈 et du mai 督脈), les fluides du corps (sang / essence séminale), l'homme et la femme, etc.
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