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Vous avez dit : "Kung fu-cius"?

8 Janvier 2009 , Rédigé par haze Publié dans #culture



Voici une synthèse de ce que j'ai compris sur Confucius

1.Introduction

Cette doctrine adoptée par l'Etat et la société a été formulée par le philosophe Confucius. Elle a fusionné avec d'autres philosophies en partie contradictoires tel que le taoïsme. Face aux désordres politiques et sociaux de son époque, le philosophe Confucius (551 ? 479 av. J.C.) élabore des préceptes pour restaurer la paix et l'harmonie sociale. Cette doctrine a une telle influence que le "confucianisme" qui s'en inspire est érigé comme principe de l'action publique trois cent cinquante ans plus tard par la dynastie des Han; aujourd'hui encore, le confucianisme influence la Chine.

2.Confucius : sa vie, son oeuvre

Confucius fut le contemporain de Lao Tseu et Bouddha. La Chine, alors dans la période des printemps et automne à laquelle succéda celle des royaumes combattants, connut une période sociale trouble. Les guerres, annexions, assimilations d'états sont fréquents à cette période.

Beaucoup de féodaux de cette époque s'appuyaient sur la classe de fonctionnaires lettrés dont fait partie Confucius. L'aspiration à une harmonisation entre la puissance des souverains et la sagesse des lettrés était répandue chez ces derniers qui étaient exclus des privilèges héréditaires. Confucius prônait l'image d'un souverain mandaté par le ciel et assisté par les sages, gouvernant selon les principes et les rites afin de garantir l'harmonie entre les dieux, les hommes et de conduire le peuple au bonheur.

Confucius est né d'une famille de petite noblesse mais désargenté dans la principauté de Lou. Il y ouvrit une école, chose nouvelle, ouverte à tous afin d'enseigner un art de vivre, une sagesse basée sur la tradition. Il y obtint une certaine notoriété. Il fût ainsi invité par le roi Zhou dans sa capitale Luoyang où il étudia et admira les cérémonies rituelles.

De retour dans la principauté de Lou il devint gouverneur où il appliqua ses principes avec succès puisqu'il devint intendant des travaux public de toute la principauté (499 av J.-C.).

Cependant le duc n'était pas conforme à son idéal de souverain. Il voyagea et chercha en vain un prince qui veuille bien l'écouter et appliquer ses principes. Il rentra dans sa province natale où il exposa son enseignement et continua à étudier. A défaut de prince, il réussit à réunir autour de lui des disciples.

3.Confucius : sa pensée

Confucius est ainsi un théoricien de l'éthique sociale: il propose une morale appliquée à la science politique qui se confond avec la science de la nature. Il est ainsi le premier chinois à aborder le thème de la nature humaine en avançant que la conscience morale est le propre de l'homme.

Pour lui la vraie nature humaine réside donc dans les qualités morales qui sont :
- l'humanité (le ren) qu'on peut résumer par l'amour des autres qui commence par la relation familiale puis la relation sociale
- le rite qui permet de distinguer la frontière entre une qualité et un défaut
- la sagesse qui regroupe la connaissance (outil menant à la raison), la raison et le savoir vivre qui est l'harmonie de l'homme face à la vie
- l'équité dont les composantes sont la droiture, la loyauté, un sens de la vie, du convenable et de l'harmonie

Cela se traduit par un amour de l'humanité, la modestie (origine des rites), un sens du vrai ou faux (origine de la sagesse), et une pudeur (origine de l'équité).

L'homme est naturellement social. Il a un besoin d'appartenance à un groupe. Pour Confucius il faut d'être en harmonie avec son environnement social et cosmique. L'objectif est donc d'élever l'esprit humain donc moral afin d'atteindre la personnalité idéale qui, dans son language, signifie avoir toutes les qualités morales. L'"homme de bien" peut ainsi abandonner un bénéfice pour le collectif au nom de l'équité. Il est ainsi utile à tous et apporte paix et réconfort.

Cette harmonie de la société dépend du bon fonctionnement de relations entre individus. La philosophie chinoise utilise le mot éthique pour définir ces relations qui peuvent être résumées par un savoir vivre entre deux groupes; Il y a ainsi cinq relations : prince - sujet, père - fils, mari - femme, frère aîné - frère cadet, entre ami; L'homme doit agir en conformité avec son titre, son hiérarchie sociale. Dans le cas contraire, un désordre social, moral et politique s'installe.

La famille correspond au niveau de granularité la plus basse de la société. La bonne morale d'une société dépend donc de l'éthique familiale. C'est pourquoi la piété filiale et l'amour pour les frères et s?urs aient une importance dans la pensée confucéenne.

A l'étique familiale s'ajoute l'éthique sociale qui est composée de l'amour de son prochain, honnêteté, fidélité, courtoisie et modestie.

C'est ainsi que, pour lui, le souverain, qui reçoit son mandat du Ciel et qui est le garant de l'ordre social et naturel, doit se comporter en homme de qualité.

Confucius utilisa six ouvrages pour développer les grands principes de son enseignement :
- Shu jing, le "Livre de l'histoire" ou "Annales de la Chine, Zhoushu" qui contient des modèles de gouvernement exemplaires et qui permet de comprendre les règles de la politique
- Chun qiu, les "Annales de l'automne et du printemps" reprennent une chronique ancienne de la principauté exemplaire de Lu, commentée par Confucius
- Shi jing, le "Livre des odes" qui est composé de 305 poèmes choisis par Confucius. Ces poèmes sont des maximes de morale qui font référence à l'époque où tout était harmonieux
- Yue Jing, le "livre de la musique" qui comportait la musique des odes du Shi jing. Ce livre a été perdu après la dynastie Qin. La musique combinée aux odes, grâce à son pouvoir spirituel, permet de préparer l'élève à recevoir l'enseignement
- Li jing, le "Livre des rites" qui est un guide de bonne conduite retouché par Confucius et décrivant 300 cérémonies officielles et 3000 critères de comportement quotidien; Le rite servent à normaliser la conduite des gens et permettent de rentrer dans la vie sociale
- Yi jing, le "Livre des mutations" qui permet de comprendre les règles de la nature et dont les commentaires canoniques proviendraient de Confucius. Selon le philosophe si l'ordre humain et la société s'harmonisent avec la nature et le cosmos un état harmonieux en découlera.

Le livre de la musique étant perdu, le confucianisme est ainsi basé sur les cinq classiques.



4. Confucianisme

La pensée de Confucius s'est développée par l'intermédiaire de ses disciples qui diffusèrent ses idées au moyen d'un recueil intitulé "Entretien de Confucius".

Sous la dynastie des Hans (206-220 av. J.C.) le confucianisme devint doctrine des empereurs de Chine à la fois philosophie et religion.

Sous les Sui (586-618) et les Tang (618-907) - l'âge d'or du taoïsme puis du bouddhisme - un culte officiel fût rendu à Confucius et des temples fût érigés en son honneur.

Les moines bouddhistes étaient exempts d'impôt et les caisses des temples étaient pleines. En 845, le pouvoir proscrit le bouddhisme dans le but de récupérer leur fortune et d'envoyer les moines vers des taches taxables. Ainsi au début des Song le bouddhisme connut un déclin et le confucianisme une renaissance. Cependant certains lettrés confucianistes sont également bouddhistes. Ils aspiraient à introduire des valeurs bouddhiques dans le confucianisme. Le "néo confucianisme" du Zhu Xi (1130-1200) est ainsi né en intégrant des notions taoïstes et bouddhiques.

Les Song ont véritablement mis en place un corps stable de fonctionnaires, une élite à la fois administrative et culture, recruté par un système d'examens impériaux basés en partie sur les classiques de Confucius et qui avait été mis en place sous les Sui. Les postes à pourvoir allaient ceux du fonctionnaire de sous préfecture à conseiller de l'empereur. Ce système contribua grandement à l'unité et à la stabilité de l'empire et dura jusqu'en 1911.

Vers 1850, le confucianisme se renforcera, en réaction à l'occidentalisation et aux tentatives de christianisation de la société chinoise. Mais, avec l'avènement de la République (1911), les jeunes intellectuels rejetèrent Confucius, qu'ils jugent féodal et réactionnaire; l'État restera cependant proche de la tradition confucianiste. En effet, si Mao Zedong s'attache à éliminer le confucianisme («J'ai haï Confucius dès l'âge de huit ans», écrira-t-il) au même titre que toutes les croyances et idéologies étrangères au marxisme, les grands axes du système communiste - obéissance absolue aux maîtres à penser, stricte hiérarchisation de la société, subordination du bien privé au bien public - ne sont nullement opposés aux conceptions confucianistes.

5. Confucianisme et arts martiaux

Si de nos jours le confucianisme n'est plus une doctrine philosophique et religieuse, il imprègne encore les mentalités et les attitudes sociales chinoises et par voie de conséquence les arts martiaux traditionnels.

Ainsi la vertu chez le pratiquant est, aux yeux de bien des maîtres, une valeur pour le choix de leurs disciples.

Le sens de la hiérarchie est une autre valeur caractéristique d'une école traditionnelle. Des titres spécifiques existent pour désigner le vieux maître ou le jeune maître, mais aussi pour les condisciples aînés ou cadets, et pour les condisciples de son professeur. Chacun connaît ainsi sa place dans l'école contribuant à une certaine harmonie.

Des règles comportementales régissent la vie d'une école traditionnelle. Celle ci est ainsi marquée par des rites comme les marques de respect, pour ne pas dire culte, envers les anciens maîtres d'une école. Un oeil extérieur résumerait tous ceci à un certain folklore.

La pédagogie confucéenne se caractérise entre autres par :
- l'enseignement est individualisé. ("entretien de Confucius" chap XI 21. : Ran Qiu n'ose pas avancer, aussi ai-je voulu le pousser en avant; Zilu, lui a de l'ardeur pour deux, aussi devais-je lui mettre un frein")
- l'élève doit être moteur de son étude. Il se pose des questions et réfléchit par lui-même. Il n'est pas consommateur d'un savoir. ("entretien de Confucius" chap VII 8.: "Le Maître dit: «Je n'enseigne pas celui qui ne s'efforce pas de comprendre; je n'aide pas à parler celui qui ne s'efforce pas d'exprimer sa pensée. Si je soulève un angle [de la question] et que l'on est incapable de me retourner les trois autres, alors je n'y reviens pas.»")
- "étudier" ne se résume pas à un exercice intellectuel mais sous-entend aussi une pratique. ("entretien de Confucius" chap I. 4. :«Je m'examine chaque jour sur trois choses: [...] si je n?ai pas négligé de mettre en pratique les leçons que j'ai reçues.»)

Ce schéma pédagogique est repris dans l'enseignement des arts martiaux traditionnels suscitant parfois une incompréhension pour un pratiquant occidental.

En résumé, le confucianisme contribue fortement à la composante traditionnelle des arts martiaux chinois ou vietnamiens.
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