comment « laisser le yi conduire le corps » selon Yang Yuting
Je continue la traduction de passage du livre de Wang Peisheng sur le tai chi chuan style Wu
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Que veut on dire par Yi et comment laisser le Yi conduire le corps?
En s'entrainant au taijiquan, « laisser le yi conduire le corps » signifie que vous devez avoir d'abord, dans votre esprit, une idée claire et une intention nette sur ce que vous allez faire et laisser le corps suivre cela. Parfois, il s'agit juste d'indiquer quelle partie du corps à laquelle l'esprit doit penser ou à laquelle votre attention doit se concentrer. Bien qu'il n'y ait rien d'inhabituel d'avoir d'abord à l'esprit ce qu'on va faire juste avant de le faire, néanmoins, il n'est pas courant dans la vie de tous les jours de penser ou d'être conscient de la manière dont on fait les choses tout au long du processus, du début à la fin, et, dans le même temps faire des modification si le corps ne fait pas précisément ce que l'esprit veut, surtout quand notre attention ou nos pensées ne doivent pas être mis seulement sur les mouvements extérieurs mais aussi sur les aspects internes. Ainsi il est nécessaire d'avoir une période d'entrainement afin d'être habitué à le faire de cette façon. Et il faut des mois et des années pour rendre ce guidage de plus en plus subtil et pour que la réponse soit de plus en plus raffinée.
Comme le taijiquan est compliqué dans l'apprentissage de ses mouvements et qu'il demande beaucoup de coordination interne et externe, il est improbable que l'on puisse avoir, dans une courte période de temps, une image totale et claire de la nature et de la manière dont un enchainement, sans parler de toute la forme, doit être faite dans son esprit. Le processus d'entrainement conçu par maître Yang est : de mettre seulement son « yi » au point de départ et au point d'arrivée de chaque mouvement ; quand on maîtrise cela alors on déplace son « yi » pour comprendre la ligne ou la trajectoire de chaque mouvement.; et ensuite faire chaque mouvement, du début à la fin, avec le « yi » qui conduit et le corps qui suit; et ensuite essayer de le faire pour tous les enchainement et faire finalement toute la forme de cette façon; alors quand on maîtrise cette façon de faire on abandonne ce concept de ligne ou de chemin et on le remplace par un point bougeant dans l'esprit et on laisse le mouvement du corps suivre de très près les mouvements de ce point – quand il bouge, on bouge; et quand il se retire on avance. Après une pratique quotidienne avec cette manière au bout d'un certain temps on pourra faire toute la forme de taijiquan avec fluidité et vivacité comme le fait une eau qui coule ou un nuage qui vagabonde.
Comme le taijiquan est basiquement un art de la motricité du corps avec le « yi », plus la partie du corps à bouger est subtil plus il est facile de relâcher cette partie du corps; et plus notre feeling devient sensible, plus la réponse du corps est rapide alors plus il est possible d'approfondir notre intérêt pour la pratique et pour l'étude.
Habituellement, quand l'instructeur dit de placer le « yi » sur une certaine partie du corps, cela signifie simplement de penser à cette partie. Mais la partie du corps sur laquelle on place son yi et la transition du « yi » d'une partie à une autre doit être de plus en plus petite, de plus en plus subtil. Par exemple, on place son « yi » sur une main et il peut être déplacé sur l'autre, mais quand on pense à une de ses mains, une façon plus subtil est de penser à la paume en premier et ensuite de laisser ses pensées aller sur les doigts ou d'un doigt à un autre ou même de la racine du doigt à son ongle. Il peut y avoir une infinité de degré de finesse à atteindre, par conséquent, il n'y a pas de limite dans le développement et dans la réalisation de l'art. Plus on est avancé plus on est fin et subtil dans l'utilisation du « yi »